Vous avez devant vos grands yeux pétillant de malice, le résultat de nombreuses heures passées à gribouiller fiévreusement de mes petits doigts boudinés. Allez-y, délectez-vous, c'est moi qui régale !
Et merde, c’est déjà vendredi !
Putain de vie à la con avec tout plein de vendredi !
Je hais le vendredi !
J’abhorre le vendredi !
J’exècre le vendredi !
Je le conchie même, comme dirait Cédric !
Pourtant, jusqu’il y a peu de temps, le vendredi était pour moi le phare lumineux de ma semaine ! Un eldorado, une terre promise !
Mais depuis que j’ai eu la bonne idée de faire ma chronique du Vendredi, je redoute plus que tout la venue du jour du poisson !
Dire que j’ai imaginé cette chronique pour me faciliter la vie !
L’idée était de m’épargner le travail d’un dessin le vendredi.
Parce qu’il ne faut pas croire, mais mine de rien, mes petits gribouillis, ça demande du temps, de la minutie et une certaine dextérité cérébrale à manier le gag pourris !
Un sacré boulot, vous pouvez me croire !
La chronique du Vendredi était sensée alléger un tant soit peu ce sacré boulot.
Tu parles ! Au final, je me fais dix fois plus chier à imaginer un texte plus ou moins rigolo et cède même à la facilité de la charade pour y échapper !
C’est tout le résumé de ma vie ça :
Faire un truc pour glander et au final devoir ramer trois fois plus !
Dans ma vie professionnelle, par exemple :
Au départ, j’étais programmé pour faire de l’enseignement !
La voie était toute tracée, scolarité assez brillante suivi d’un gymnase accompli sans trop d’effort.
Il ne me restait plus que deux ans d’Ecole normale à faire et je devenais un instituteur craint et respecté d’une horde de chiards boutonneux et turbulents avec, comme large consolation, le plaisir de me taper 15 semaines de vacances par année (sans compter les jours de grève à manifester dans les rues).
Mais j’ai eu la flemme de préparer l’examen d’entrée à l’Ecole normale, alors à la fin de mon gymnase, j’ai attaqué un apprentissage de dessinateur qui durait 4 ans et tout ça pour bosser 42 heures et demie par semaine pour 4 semaines de vacances !
La même chose pour le théâtre, il y a 5 ans, j’ai accepté de faire de la mise en scène.
Ca semblait être un bon plan : plus besoin de se torturer la cervelle à mémoriser des pages et des pages de textes !
Il faut dire qu’à l’époque, j’étais un fringuant jeune premier, svelte, élancé et avec tout plein de cheveux sur la tête.
Donc je me tapais des tartines de réplique à apprendre !
Au final, le boulot de metteur en scène demande deux fois plus de boulot et de soucis !!!
Fort de ces expériences, je me permets de tirer la conclusion suivante :
La paresse procure plus de travail que le travail lui-même !
Sur ce, je vais conclure ma chronique et retourner bosser…